Six jours avant une autre grande fête, le guérisseur retourna dans le même village où il avait ressuscité un homme d'entre les morts. Un repas était donné en son honneur. L'homme qu'il avait ramené à la vie était attablé avec lui. Tandis que l'une des sœurs de cet homme servait les convives, l'autre fit quelque chose de remarquable. Elle prit un vase de parfum d'un grand prix, le répandit sur les pieds du guérisseur et se mit à les essuyer avec ses cheveux. Toute la maison fut embaumée de ce doux parfum. C'était là son acte d'amour et d'adoration, témoignant qu'elle pressentait quelque chose d'essentiel sur le point de s'accomplir—la mort et la sépulture du guérisseur lui-même. Pourtant, tout le monde n'y vit pas la même chose. L'un de ses disciples reprit la femme, disant que ce parfum aurait pu être vendu pour une grande somme et l'argent donné aux pauvres. Mais ce disciple n'avait guère souci des pauvres—il avait ses propres intentions sur cet argent. Le guérisseur dit alors : "Laisse-la. Elle a gardé ce parfum pour le jour de ma sépulture. Les pauvres, vous les aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours." Le lendemain, le guérisseur entra dans la grande ville. Non pas monté sur un puissant cheval comme un guerrier, mais sur un jeune ânon, tout comme leurs prophètes l'avaient annoncé. La foule l'acclama, agitant des rameaux de palmier et criant : "Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !" Ils savaient que leur roi était enfin venu. Mais tandis que certains se réjouissaient, d'autres tramaient en silence sa mort. Les chefs religieux voulaient le faire mourir, et cherchaient aussi à tuer l'homme qu'il avait ressuscité—car tout le peuple commençait à croire.
Portrait 12 sur 21
Le Roi
“Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.”
Pensées à méditer
Cet homme est venu vers les siens en tant que roi. Mais non pas en conquérant — en sauveur qui donnerait finalement sa propre vie pour les sauver.